Les antibiotiques, découverts il y a près d'un siècle (pénicilline) dans les années 1920-1930, ont révolutionné la médecine en permettant le traitement efficace des infections bactériennes. Cette découverte a marqué le début d'une ère où des maladies autrefois mortelles pouvaient être traitées avec succès.
Les antibiotiques agissent en ciblant spécifiquement les bactéries, inhibant leur croissance ou détruisant leur structure cellulaire.
Les antibiotiques ne sont pas efficaces contre les infections virales, ce qui inclut la plupart des rhumes et de la grippe.
La plupart des antibiotiques agissent en interférant avec la fabrication de l'enveloppe des bactéries. Ce sont par exemple les antibiotiques de la famille des bêta-lactamines (pénicilline: amoxicilline/Clamoxyl® et céphalosporines: cefixime.Oroken®, ceftriaxone/Rocephine®...). Sans paroi cellulaire, l'intégrité structurelle des bactéries est compromise. Ce processus provoquent donc une destruction (lyse) cellulaire et la mort bactérienne.
Certains antibiotiques agissent en interférant avec la synthèse des protéines bactériennes, un processus indispensable pour la survie et la croissance des cellules. Les antibiotiques comme les macrolides (clarithromycine/Zeclar®, azithromycine/Zithromax®, josamycine/Josacine®...), les aminoglycosides et les tétracyclines se lient aux ribosomes bactériens, bloquant la production de protéines et entravant ainsi le fonctionnement normal des cellule bactérienne.
D'autres antibiotiques ciblent la réplication de l'ADN bactérien. Lorsqu'une cellule se reproduit, elle doit aussi reproduire son ADN. C'est là qu'interviennent certains antibiotiques. Sans ADN, une bactérie ne peut pas survivre. Les fluoroquinolones (ofloxacine/Oflocet®, norfloxacine/Noroxine®...), par exemple, inhibent les enzymes responsables de la réplication de l'ADN, ce qui conduit à des erreurs dans la synthèse de l'ADN et à la mort bactérienne.
Certains antibiotiques perturbent le métabolisme bactérien en ciblant des processus indispensables à leur survie. Par exemple, les sulfamides (sulfaméthoxazole), utilisés pour traiter des infections urinaires, inhibent la synthèse de l'acide folique, nécessaire à la production d'ADN et d'ARN. Le triméthoprime, généralement associé aux sulfamides (sulfaméthoxazole + triméthoprime /Bactrim®) dans le traitement des infections urinaires, agit également en bloquant une autre étape de cette voie métabolique. Les furanes (nitrofurantoïne/Furadantine®), bien qu'ils soient maintenant peu recommandés en raison de leurs effets indésirables potentiels, sont très efficaces contre les cystites. Ils génèrenet des radicaux libres qui endommagent l'ADN et les structures cellulaires des bactéries. Les isoniazides, indiqués dans le traitement de la tuberculose, perturbent la synthèse des acides mycoliques utiles pour la paroi des mycobactéries. Enfin, les cyclines (doxycycline/Doxy-gé®), sont utilisées pour traiter diverses infections bactériennes, notamment les infections respiratoires et les maladies vectorielles comme la maladie de Lyme. Elles perturbent la synthèse des protéines et indirectement d'autres processus métaboliques.
Les antibiotiques sont regroupés en différentes familles en fonction de leur structure chimique et de leur mode d'action.
pénicillines (amoxicilline/Clamoxyl®), céphalosporines (cefixime.Oroken®, ceftriaxone/Rocephine®...), carbapénèmes
streptomycine, gentamicine, néomycine.
tétracycline, doxycycline.
clarithromycine/Zeclar®, azithromycine/Zithromax®, josamycine/Josacine®...
ofloxacine/Oflocet®, norfloxacine/Noroxine®, cirpofloxacine/Ciflox®...
sulfaméthoxazole+triméthoprime/Bactrim®...
La résistance des bactéries aux antibiotiques est devenue l'une des plus grandes menaces pour la santé mondiale. Les causes de cette résistance sont variées, mais la surutilisation et la mauvaise utilisation des antibiotiques sont parmi les principales.
Lorsque les antibiotiques sont utilisés de manière excessive ou inappropriée, les bactéries ont plus de chances de développer des mécanismes de défense contre ces médicaments. Plus les bactéries sont en contact avec des antibiotiques, plus le risque que certaines d'entre elles aprennent à s'en défendre augmente. Les infections qui étaient autrefois traitables deviennent alors plus difficiles, voire impossibles, à guérir, augmentant ainsi le risque de complications graves voire mortelles.
La résistance aux antibiotiques ne connaît pas de frontières et affecte tous les pays, indépendamment de leur niveau de développement. Pour lutter contre ce problème, il faut adopter une approche globale: optimiser l'utilisation des antibiotiques et rechercher des nouveaux médicaments. Ensemble, en prenant des mesures préventives et en faisant des choix éclairés en matière de traitement antibiotique, nous pouvons préserver ces précieuses ressources médicales pour les générations futures.