Somnifères

Les somnifères (ou hypnotiques) sont des médicaments qui aident à s’endormir ou à rester endormi plus longtemps. Ils peuvent rendre service dans certaines situations d’insomnie, mais ne sont ni anodins, ni destinés à être pris tous les soirs indéfiniment. L’objectif d’un médecin de famille est de trouver le bon équilibre entre soulagement des symptômes et sécurité à long terme.

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Somnifères : quand sont-ils vraiment nécessaires ?

Pourquoi a-t-on recours aux somnifères ?

Le plus souvent, les somnifères sont prescrits face à une insomnie qui dure depuis plusieurs jours ou semaines et qui retentit sur la vie quotidienne : fatigue, irritabilité, baisse de concentration, erreurs au travail ou au volant. Ils sont en général proposés après avoir vérifié et amélioré les règles d’hygiène du sommeil et exploré les causes possibles de l’insomnie.

– Stress important, anxiété ou dépression
– Douleurs chroniques (douleurs articulaires, lombalgies, neuropathies)
– Maladie médicale ou psychiatrique sous-jacente
– Décalage de rythme (travail de nuit, décalage horaire)
– Mauvaises habitudes de sommeil (écrans, café tardif, siestes prolongées)

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Avant de penser « médicament », il est utile d’identifier ce qui entretient votre insomnie : douleurs, soucis, horaires irréguliers, alcool, tabac, autres médicaments… Traiter la cause permet souvent de réduire, voire d’éviter, le recours aux somnifères.

Quels types de somnifères ?

Sous le mot « somnifère » se cachent en réalité plusieurs familles de médicaments qui n’agissent pas tous de la même manière. Certains ont un effet direct et rapide sur l’endormissement, d’autres sont plus doux, d’autres encore sont utilisés quand l’insomnie est liée à un trouble de l’humeur.

Principales classes de somnifères
Benzodiazépines Hypnotiques classiques (ex : molécules se terminant en « -zépam »), efficaces mais pouvant entraîner dépendance, somnolence diurne et troubles de la mémoire si utilisés trop longtemps.
« Z‑drugs » Médicaments apparentés aux benzodiazépines, à action plutôt courte, utilisés surtout pour des troubles d’endormissement transitoires.
Antihistaminiques sédatifs Par exemple le Théralène (alimémazine), ancien antiallergique qui a un effet sédatif et peut être utilisé ponctuellement comme somnifère, avec prudence chez les personnes âgées ou en cas d’apnée du sommeil.
Antidépresseurs sédatifs Utilisés lorsque l’insomnie est liée à une dépression ou à un trouble anxieux, parfois à petites doses pour leur effet sédatif.
Nouvelle classe : antagonistes de l’orexine Comme le daridorexant (nom de marque Qvyvq), utilisés dans certaines insomnies chroniques pour diminuer l’éveil nocturne sans agir comme les benzodiazépines.

Tous ces médicaments peuvent améliorer le sommeil sur le moment, mais aucun ne corrige à lui seul les causes profondes de l’insomnie. Leur prescription se fait après discussion avec votre médecin, en tenant compte de votre âge, de vos maladies associées et des autres traitements en cours.

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Ne prenez jamais un somnifère qui n’a pas été prescrit pour vous (comprimé d’un proche, reste d’ordonnance ancienne). La dose, la durée et les contre-indications doivent être adaptées à votre situation personnelle.

Zoom sur le Théralène

Théralène est un antihistaminique dit « sédatif », qui peut provoquer de la somnolence et être utilisé comme somnifère dans certaines situations. Il peut rendre service pour des insomnies passagères, notamment lorsqu’on souhaite éviter d’emblée une benzodiazépine. En revanche, il peut causer une bouche sèche, de la constipation, des vertiges ou de la confusion, surtout chez les personnes âgées.

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Avec le Théralène, la prudence est particulière chez la personne âgée, en cas de troubles respiratoires nocturnes ou de risque de chute. Il doit être pris à faible dose, pour une durée limitée, et réévalué régulièrement.

Zoom sur Qvyvq (daridorexant)

Qvyvq (daridorexant) appartient à une classe plus récente de somnifères qui bloque l’action de l’orexine, une substance naturelle liée à l’éveil. Il est réservé à l’adulte souffrant d’insomnie chronique avec retentissement dans la journée (fatigue, troubles de concentration), après avis médical. Ce médicament ne provoque pas le même type de sédation que les benzodiazépines, mais peut entraîner somnolence, fatigue ou rêves intenses.

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Qvyvq n’est pas un « médicament miracle » : il s’intègre dans une prise en charge globale de l’insomnie (hygiène du sommeil, parfois psychothérapie, adaptation des autres traitements). Il nécessite un suivi régulier pour évaluer son efficacité et ses effets secondaires.

Somnifères : bénéfices, risques et alternatives

Utilisés correctement, les somnifères peuvent aider à passer un cap difficile. Utilisés trop longtemps ou à des doses inadaptées, ils peuvent au contraire aggraver le problème de sommeil, entraîner une dépendance ou des effets indésirables gênants.

Risques principaux des somnifères

– Somnolence dans la journée, baisse de vigilance au volant
– Troubles de la mémoire et de la concentration
– Risque de chutes, surtout chez les personnes âgées
– Dépendance et difficulté à arrêter le médicament
– Insomnie rebond à l’arrêt trop brutal

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L’arrêt d’un somnifère doit toujours être progressif, en diminuant la dose par paliers. N’interrompez pas le traitement du jour au lendemain sans en parler à votre médecin, au risque d’aggraver votre insomnie ou votre anxiété.

Alternatives non médicamenteuses

Pour une insomnie qui dure, les approches non médicamenteuses sont souvent les plus efficaces à long terme. Elles permettent d’agir sur les mécanismes qui entretiennent les troubles du sommeil, sans les effets secondaires des somnifères.

– Hygiène du sommeil (horaires réguliers, réduction des écrans, activité physique en journée)
– Travail sur le stress et l’anxiété (relaxation, respiration, méditation)
– Thérapies cognitivo-comportementales pour l’insomnie (TCC)
– Prise en charge d’une dépression ou d’une maladie associée
– Éviter l’alcool comme « somnifère » : il fragmente le sommeil et aggrave les apnées

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Le but n’est pas de « ne plus jamais » utiliser de somnifère, mais de les réserver aux situations vraiment nécessaires, pour des durées limitées, tout en travaillant en parallèle sur les causes du manque de sommeil.

Ressources et adresses utiles

Ameli.fr (dossiers sur l’insomnie et le bon usage des médicaments du sommeil)
Haute Autorité de Santé (HAS) (recommandations sur la prise en charge de l’insomnie de l’adulte)
Réseau Morphée (réseau de santé dédié aux troubles du sommeil)
Santé Publique France (informations sur le sommeil et la santé)

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